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Edito

Voici ta mère

L’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris le lundi saint a suscité une vive émotion parmi une grande partie de la population française et même bien au-delà. Il suffit de voir l’écho médiatique que cet événement a reçu. De nombreuses personnes ont été affectées par la destruction de la flèche et de la charpente  de ce qui constitue pour elles un symbole. Il faut cependant noter la diversité des significations qui sont invoquées : certains y voient un trésor architectural ou une réalisation humaine inégalée, d’autres un cadre chargé d’histoire ou une figure de l’identité française en raison des nombreux événements qui y ont eu lieu, d’autres encore un lieu fort de spiritualité.

Lors d’une de ces interventions, Mgr Aupetit, l’archevêque de Paris, rappelait que la fonction de cette cathédrale est d’être un écrin, elle est le signe d’une présence, celle du Christ ressuscité, celui-là même que nous venons de célébrer à Pâques. Notre-Dame de Paris, comme toute église, est là pour abriter ce trésor, qui s’est offert pour le salut de tous les hommes. Si ce rôle de la cathédrale échappe à une part de nos contemporains, il ne faut pas pour autant s’y résoudre. Cet événement peut être une occasion de faire redécouvrir la signification profonde de notre patrimoine religieux.

Mais cet engouement pour Notre-Dame de Paris révèle aussi une certaine forme de fraternité, cette fraternité inscrite dans la devise de notre pays, qui est ce lien qui unit les hommes les uns aux autres, du simple fait de leur dignité humaine. Alors que ce rapport aux autres pourrait sembler bien fragile face à l’individualisme ambiant, il réapparait avec force quand les hommes sont touchés au plus intime de leur être. Mais faut-il attendre des drames pour entretenir la fraternité ? La fraternité est une dimension à laquelle nous devons veiller pour être vraiment présents à ceux qui nous entourent et témoigner de celui qui en est la source, notre Père des cieux. Ainsi deviendrons-nous « disciples-missionnaires, témoins de la fraternité », comme l’indique le thème diocésain de cette année.

Voici ta mère. Ce sont les paroles que Jésus sur la croix adresse au disciple bien-aimé (Jn 19, 27) afin de lui confier sa mère. Pour les croyants, ces mots donnent une coloration particulière à la fraternité chrétienne. Nous sommes frères en Jésus, mais aussi en Marie qui nous est donnée pour mère à chacun. En ce mois de mai qui lui est traditionnellement consacré, nous pouvons approfondir cet aspect de sa maternité. Que son intercession nous fasse grandir dans la communion fraternelle et nous donne le désir de cultiver la fraternité autour de nous.

Fr Stéphane