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Edito

Disciples-missionnaires, témoins de la fraternité

Tel est le thème pastoral de notre diocèse pour cette année. Dans notre communauté de paroisses, cet appel fait écho à notre désir de participer à l’unité de nos lieux de vie. Contribuer à l’unité autour de nous nécessite en effet d’écouter avec attention ce que vivent les personnes qui nous entourent, de travailler à la qualité des relations avec elles, de témoigner quand l’occasion nous en est donnée, de la force de l’amour fraternel qui trouve sa source en Dieu.

Durant la crise sociale qui s’est révélée dans notre pays depuis novembre dernier, j’ai été interpelé par le fait que certains manifestants disaient redécouvrir la fraternité sur les ronds-points. Dans une société mondialisée où les progrès techniques conduisent à remplacer les hommes par des machines, où l’efficacité des moyens de communication prend le pas sur la qualité des relations, il est devenu plus difficile d’avoir de véritables rapports interpersonnels. Mais n’y a-t-il que sur les ronds-points que nos contemporains peuvent trouver des relations humaines profondes et authentiques ? Comment nous croyants, pouvons-nous contribuer à l’établissement de liens plus fraternels entre les hommes ?

La fraternité est en effet un trésor contenu dans l’évangile, elle est une des dynamiques essentielles au développement de la vie chrétienne. Jésus dans son ministère public, a commencé par rassembler ses apôtres autour de lui, pour les enseigner, mais avant tout pour être avec lui, comme nous le précise Saint Marc (Mc 3, 14). Après la Pentecôte, les croyants ont formé ce qu’on a appelé la première communauté chrétienne, étant assidus « à la communion fraternelle » (Ac 2, 42), ayant « un seul cœur et une seule âme » et mettant « tout en commun ». (Ac 4, 32). Au long de ses lettres, Saint Paul n’a cessé d’exhorter les communautés qu’il avait fondées à « rechercher l’unité » (Ph 2, 2), à garder avec soin « l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix » (Ep 4, 3), à ce que règne la paix du Christ (Col 3, 15).

Il ne nous faut donc pas tenir ce trésor de la fraternité caché mais plutôt chercher comment en témoigner aujourd’hui à ceux qui le recherchent tant. Sans doute, avons-nous tout intérêt dans un premier temps à approfondir notre manière de vivre nous-mêmes la communion fraternelle. Nos assemblées dominicales sont-elles signes d’unité comme elles sont appelées à l’être ? Savons-nous accueillir comme nos frères ceux qui viennent s’y adjoindre ? Cependant, nombre de nos contemporains ne pousseront la porte de nos églises. C’est donc à nous d’aller vers eux pour leur annoncer cette bonne nouvelle : le Seigneur veut faire de nous un seul peuple, un peuple de frères.

Fr Stéphane