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Edito

Le Carême : un temps de fiançailles !

Lors de la préparation d’une action de Carême avec des jeunes, à destination d’autres jeunes, la question « pourquoi faites-vous cela ? » a été posée à un adulte. Sa réponse fut : « Pour faire des efforts pendant le Carême ». Ainsi le Carême rimerait-il avec efforts ! De fait, la foi chrétienne a longtemps été comprise et vécue seulement sous le signe du « savoir », du « devoir » et du « faire », au risque de reléguer au second plan les vertus théologales de Foi, d’Espérance et de Charité, la grâce de Dieu, le Bonheur d’être chrétien… Mais que valent les efforts du Carême lorsqu’ils sont déconnectés de leur finalité ?
C’est indéniable que le Carême conduit le chrétien sur un chemin de lutte et de dépassement de soi, comme Jésus-Christ au désert (Mt 4, 4). Immédiatement après son baptême, l’Esprit-Saint descendit sur lui, ce dernier s’entendit dire par une voix venant du Ciel : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui j’ai mis tout mon amour » (Mt, 3, 13-17). Habité par ces paroles, Jésus se retire au désert pour y être tenté. Le désert est ici un lieu d’épreuve et de manducation de la Parole. Épreuve parce-qu’au cœur de la tempête, cette Parole et l’expérience du baptême de Jésus-Christ à laquelle elle se rattache ne sont pas à l’abri des remises en question. Que dire alors de la manducation de la Parole ? Jésus-Christ face au tentateur, répond par des citations bibliques. On est loin de la perception de la Bible comme un réservoir de citations bibliques, c’est une Bibliothèque dont les livres sont lus de façon critique et priante. Lire dans son intégralité le plus petit des quatre évangiles (Marc) par petits bouts peut conduire à un renouvellement de notre perception du Carême : un temps de fiançailles où Dieu conduit son peuple au désert pour parler à son cœur !

Fr Joseph-Marie