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Edito

Le péché écologique

Tout long de ce Carême 2020, des appels incessants seront adressés par Dieu à son peuple en vue de sa conversion. Qui dit conversion dit retournement du cœur vers Dieu. Ce retournement traduit un changement de mentalité afin de mieux correspondre au projet d’amour de Dieu sur ce peuple. Interpellé par les défis et les enjeux écologiques de notre temps, le pape François appelle à un élargissement de cette perception de la conversion à Dieu Père, Fils et Saint Esprit. Un discours sur la conversion qui se résumerait à un changement des représentations de Dieu ou des comportements appauvrit considérablement la notion de conversion. Ce discours occulte la cécité et la surdité de l’oligarchie des pays occidentaux par rapport aux cris des migrants mourant en mer, l’expropriation des allogènes de leurs terres, l’exploitation abusive des ressources naturelles des pays en voie de développement par des grosses multinationales avec la complicité de leurs dirigeants corrompus. Or c’est justement ce qui autorise le Pape François à parler de « péché écologique ». Le Pape dénonce ainsi ce cercle infernal qui voudrait que ce soit toujours les plus démunis, ceux qui polluent moins, qui payent le prix fort des conséquences des dérives écologiques. Que demandent ces pauvres si ce n’est un juste partage des richesses naturelles sous leurs pieds ? Là est la condition d’une paix et d’une justice sociale durable. Le péché écologique défigure autant la création dont l’homme est le sommet que Dieu lui-même qui en est le créateur ! Le style de vie et d’existence inhérent à la foi chrétienne comprend la sauvegarde de la maison commune qui est la Nature. Pour aller plus loin dans cette réflexion sur l’écologie intégrale, pourquoi ne pas choisir comme livre de Carême une vie de saint François d’Assise ou la lettre encyclique Laudato si du Pape François ?

Fr Joseph-Marie