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Edito

« Apprends-nous la vraie mesure de nos jours » (PS 89)

Ce verset biblique peut permettre de comprendre ce que nous sommes devenus pendant le confinement. Exercice certes délicat, car il s’agit de parler en vérité avec nous-même, mais hautement salutaire, tant ils sont nombreux, les effets du confinement sur notre vie personnelle, familiale, sociale, civique, économique, culturelle, écologique et spirituelle. Hormis les personnes malades, handicapées, isolées ou cloîtrées dans un monastère, pour qui le confinement est un mode de vie habituel, et qui méritent tout notre respect, nombreux parmi ceux qui sont en pleine possession de leurs moyens physiques et qui ont une vie professionnelle intense, ont une autre approche du confinement. Il a semblé être d’abord un coup d’arrêt brutal dans des vies au rythme effréné. Plusieurs ont découvert qu’ils étaient asphyxiés par une vie phagocytée par une pléthore d’activités. Ensuite, le confinement est devenu un moment favorable pour les personnes épuisées. Leurs yeux se sont dessillés. Depuis lors, certains ne voient plus la vie, et surtout la leur, de la même manière. Ils ont découvert qu’ils survivaient plus qu’ils ne vivaient. Ils étaient devenus étrangers à eux-mêmes et parfois étranges pour leur entourage… Un travail au sens obstétrical a été entrepris. Le but : réinvestir sa propre vie et son environnement. N’est-ce pas une autre façon d’apprendre la vraie mesure de ses jours ! D’autant plus qu’ « à quoi cela sert-il à un homme de gagner le monde s’il perd son âme ? » (Mc 8, 36). Les discernements opérés peuvent conduire à des choix cruciaux ! Le risque zéro n’existe pas. Intégrer le risque dans la manière de percevoir et de vivre sa vie devient alors plus qu’un impératif, une sagesse. Cet été, puissiez-vous prendre le temps de relire, sous le regard de Dieu, votre confinement ! Si vous n’y arrivez pas, pas de panique, allez voir vos pasteurs, ils se feront une joie de vous y aider.

Fr Joseph-Marie Tsanang