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Edito

Du temps pour ne rien faire

Un poète du siècle dernier, Pierre Reverdy, écrivait dans son journal intime : « J’ai tellement besoin de temps pour ne rien faire, qu’il ne m’en reste plus assez pour travailler. » Cette boutade donne à réfléchir. Elle est à prendre d’autant plus au sérieux que le poète, au sens étymologique du mot, est celui qui fait, qui fabrique, qui compose. Le poète est le contraire du fainéant. Nous comprenons que le « temps pour ne rien faire » n’est donc pas celui de l’oisiveté, mais celui de la disponibilité de l’artiste à l’inspiration, celui de la maturation de l’œuvre à naître.

Vitesse, efficacité, rentabilité, communication instantanée, hyper-activité, font de chacune de nos journées une course contre la montre. Le temps est devenu un ennemi. Rappelons que dans le mystère de l’incarnation, le Christ est entré dans le temps pour l’habiter, le sanctifier, et en faire le chemin de l’éternité. D’où l’importance du dimanche, le jour du repos et du ressourcement nécessaires dans le Christ Ressuscité. Réconcilions-nous avec le temps, apprenons à goûter l’instant présent et sa saveur d’éternité. Remettons au Bon Pasteur nos semaines de vacances, que nous puissions prendre chaque jour du temps pour ne rien faire d’autre que reposer à l’écart, sur des prés d’herbe fraîche, là où nous serons disponibles à Son visage et à Sa voix. C’est ainsi que nous collaborerons au mieux à Sa grande œuvre. C’est alors que ce « temps pour ne rien faire » aura été le temps de notre transformation en ouvriers capables de travailler à la vigne du Seigneur ! Bonnes vacances !

Fr Christophe